DES PROFESSEURS DE L'UCSB RECOIVENT UNE SUBVENTION POUR ETUDIER LE BEGAIEMENT
5 février 1999
Les chercheurs en pathologie de la parole Roger et Janis Ingham ont consacré une grande partie de leur carrière à traquer les causes du bégaiement, un trouble de la parole qui touche environ 2,5 million d'Américains et 60 millions de personnes à travers le monde. Et l'équipe de recherche mari-femme de l'UC de Santa-Barbara sent que la solution à cette situation handicapante n'est peut-être que l'affaire d'une ou deux décennies.
« Je suis de plus en plus sûr que nous sommes tout près de le comprendre et de le contrôler entièrement », dit Roger Ingham. «Je me doute que les études génétiques et que les initiatives actuelles en neurobiologie vont nous amener à son déchiffrage avant que nos carrières arrivent à terme.»
Les Ignhams, qui sont quinquagénaires, espèrent pousser un cran plus loin leur chasse durant les trois prochaines années grâce à une subvention de 921 000 $ qui vient de leur être attribuée par le National Institute of Health.
Eux et leur confrère Peter Fox de la University of Texas Health Science Center ont prévu d'utiliser l'argent pour mener des tests axés sur la localisation des structures neurales et des processus dans le cerveau où le bégaiement est produit.
Les scientifiques croient depuis les années 20 que le bégaiement a ses racines dans un fonctionnement neurologique anormal. Par la suite des recherches ont montré que le cortex, le ganglon basal, le thalamus et d'autres régions du cerveau jouent un rôle dans la production de la parole.
Les études d'Ingham et d'autres semblent suggérer que le système défectueux est logé dans les régions prémotrice, motrice et d'assocaition auditive du cortex. Leurs recherches observera l'activité de la parole dans ces zones.
Les expériences, prévues pour les trois prochains étés au laboratoire de Fox à San Antonio, au Texas, utiliseront le TEP pour pister les flux sanguin cérébral chez groupes de personnes bègues et non-bègues. Dès lors qu'on a montré qu'un flux sanguin accru représentait une activité accrue dans une zone cérébrale, les Inghams seront capables de cartographier l'activité du cerveau durant des discours normaux et bégayés, puis de comparer le différences sur ces cartes.
Le groupe de personnes bègues sera examinée au repos, pendant un discours spontané, et pendant l'utilisation de techniques de contrôle du langage conçu pour amener la fluidité.
Le projet en cours des Ingham observera également et pour la première fois un groupe de femmes qui bégayent. Les statistiques montrent que les femmes sont quatre fois moins touchées que les hommes.
Et d'ici trois ans, ils espèrent se rapprocher du but ultime de la recherche sur le problème : soulager ses millions de victimes.
Les progrès de la recherche ces dernières décennies - bien qu'ils n'aient pas guéri le bégaiement -ont néanmoins apporté un peu de paix aux esprits affectés, disent les Ingham.
Profondément engagés dans le développement de nouveaux traitements pour le bégaiement, le couple fournit des services cliniques aux adultes concernés et aux enfants. Et nombre de ces patients trouvent un grand réconfort dans la révélation que le bégaiement semble avoir une cause physiologique, et pas nécéssairement physiologique.
"Les personnes qui bégaient sont très excitées à ce propos," dit Janis Ingham. "Ils disent que 'J'ai toujours su qu'il y avait quelque chose dans mon cerveau, je savais que je n'étais pas fou'."