1 avril 2008

Le Cerveau Bégayant



(NdT : Attention, article journalistique. Voir l'article paru à la SFA, par Christine Weber-Fox elle même)

par Lindsay Carswell, 2004

Le cerveau bégayant
Des chercheurs ont découvert que les cerveaux des personnes bègues traitent les mots différemment, même lorsqu'ils ne parlent pas.
Comme l'explique la vidéo de ScienCentral News, ils expèrent que leur nouvelle compréhension de ce trouble complexe aidera à réduire les stigmates portés par les trois millions d'Américains qui bégaient.

Un lien au langage
Alors que ses causes sont nombreuses, le bégaiement traîne depuis toujours avec lui le stigmate d'être un "problème psychologique".
Aujourd'hui les chercheurs découvrent que les cerveaux des personnes bègues traitent différement le langage, même lorsqu'ils ne parlent pas.
"Le bégaiement est connu pour être un trouble très complexe, et il y a eu des preuves que le langage joue un rôle important dans le bégaiement ," explique Christine Weber-Fox, une neuroscientifique cognitive à l'Université de Purdue.
"Par exemple, quand l'enfant commence à bégayer ce n'est pas quand il dit son premier mot, c'est quand il commence à combiner les mots, et quand le langage devient plus complexe et qu'ils doivent élaborer plus.
Nous étions donc intéressé par le rôle du traitement du langage chez les personnes bègues, même lorsqu'on ne leur demande pas de parler."
Weber-Fox et son équipe ont comparé l'activité du cerveau de 22 adultes, la moitié bègues et l'autre fluides, en mesurant l'activité des cellules du cerveau par millisecondes en utilisant ce qui ressemble à un bonnet de bain branché par des électrodes. On montrait aux adultes deux mots sur un écran d'ordinateur, et leur tâche était d'identifier silencieusement, en appuyant sur un bouton, quelle paire de mots rimait.
Certaines paires de mots, comme "air" et "pair," se ressemblaient mais ne rimaient pas ; certains comme "verre" et "vair," rimaient mais ne se ressemblaient pas, et certains, comme "propre" et "gâteau," ne riment pas et ne se ressemblent pas.
"Cela vous force à vous dire les mots à vous-même," dit Weber-Fox. "En d'autres termes si vous voyez le mot 'air' sur l'écran, et ensuite le mot 'pair', vous devez dire aussi vite que possible si ils riment ou non. En faisant ça nous utilisons certains des mécanismes que les gens utilisent quand ils essayent d'élaborer un discours."
Weber-Fox a découvert que quand deux mots se ressemblent, mais ne riment pas, les personnes bègues mettent plus longtemps à traiter le mot et à répondre.
"Ils étaient globalement plus lents, d'une centième de seconde, mais cette petite différence est importante quand vous parlez d'activité du cerveau," dit-elle. "La complexité de la tâche les a réellement influencés ou a interféré avec le traitement d'une façon plus importante que chez les personnes non-bègues.
Les résultats des analyses des ondes cérébrales nous ont aussi montrés que les personnes bègues accomplissent différement cette tâche d'un point de vue neural.
Nous avons découvert que leur activité dans l'hémisphère droit était plus forte que dans le gauche, et nous ne retrouvons pas cela chez les locuteurs fluides, leur réactions dans les deux hémipshères étaient plus équilibrées."
Weber-Fox fait remarquer que bien que le langage soit un facteur important dans le bégaiement, il y a d'autres facteurs, y compris l'émotion, l'anxiété et la génétique, et ses causes peuvent différer pour chaque personne et même sur toute la durée d'une vie.
Elle espère que cette étude aidera à enlever les stigmates du bégaiement.
"C'est un comportement involontaire qui résulte de différences physiologiques, donc je pense que c'est une chose qu'il est importante de garder à l'esprit," dit-elle, ajoutant que, "même si c'est une réponse physiologique ou quelque chose qui se passe dans le cerveau, cela ne veut pas dire que c'est irréversible. Je pense que cela nous donne en réalité beaucoup d'optimisme et d'espoir pour trouver des meilleurs façons de traiter le bégaiement."

Cette étude a été publiée en Décembre, 2004 dans le "Journal of Speech, Language, and Hearing Research", et a été financée par le "National Institute on Deafness and Other Communication Disorders."

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Nous ne savions pas comment vous contactez... Désolée d'encombrer ainsi le blog.
Nous réalisons un mémoire d'orthophonie sur le bégaiement et nous voulions prendre contact avec olivier.

Nous tentons de mettre au point une rééducation qui reprendrait les nouvelles avancées neurologiques chez la personne bègue.

à très bientot Claire et Prescillia

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