Personnellement je trouve très intéressant lorsqu'il dit que le TDAH peut empêcher l'enfant de faire des corrections à un moment de bégaiement. Je ne sais pas si j'ai un TDAH, mais c'était/c'est mon cas. Je me reconnais vraiment dans cette description. Et je soupçonne ce genre de choses méconnues ou mal interprétées de faire obstacle aux thérapies orthophoniques chez pas mal de gens.
L'impact des TDAH sur la thérapie de bégaiement (Stuttering Foundation's Summer 2009 newsletter)
par le Dr Joseph Donaher, The Center for Childhood Communication, The Children’s Hospital of Philadelphia
Le rôle des facteurs génétiques dans l'apparition et la maintenance du bégaiement a reçu une attention considérable. De multiples études ont montré que le bégaiement se retrouve dans les familles et qu'environ 70% de la variance de responsabilité au bégaiement peut être pris en compte comme facteurs hérités. (1,2). La contribution des facteurs congénitaux et des incidents neurologiques précoces ont été moins foncièrement examinés, mais la recherche a suggéré que ce pouvait être à la fois des facteurs causaux pour certains individus qui bégaient, surtout ceux qui n'ont aucun antécédent familial de bégaiement (3,4). De plus, on a suggéré que lorsqu'aucun composant génétique n'est présent, les adultes bègues présentent plus souvent des caractéristiques accrus ressemblant à des TDAH (troubles de l'attention avec ou non hyperactivité NdT), probablement comme résultats de facteurs neurologiques sous-jacents (3).
Alors que la recherche liant le bégaiement aux TDAH est au mieux limitée, des rapports préliminaires suggèrent que la prévalence de TDAH parmi les enfants qui bégaient est significativement plus forte que dans la population générale (5,6).
Ainsi, plus de recherches sont nécessaires pour mieux comprendre cette relation dans une tentative pour identifier les facteurs de risque, les stratégies de gestion et des possibles sous-bassements neurologiques pour chaque trouble. Cependant, un besoin plus pressant est lié à l'accompagnement clinique des enfants qui bégaient qui présente un diagnostic de TDAH ou avec des niveaux sous-cliniques de caractéristiques ressemblants aux TDAH.
L'orthophoniste, travaillant comme partie d'une équipe multidisciplinaire coordonnée, doit considérer l'impact que le TDAH pourrait avoir sur la réussite d'une thérapie pour un individu. Par exemple, les enfants qui se battent fréquemment avec un TDAH en surveillant leur comportement, surtout quand ils sont sous pression temporelle (7). Ainsi, un enfant avec à la fois un bégaiement et un TDAH peut trouver difficile de contrôler sa parole et faire des corrections au moment du bégaiement. Dans ce cas, l'enfant peut pleinement comprendre quoi faire mais son combat serait lié à utilisé ce qu'il sait dans les situations réelles. Malheureusement, cela peut être mal interprété alors que l'enfant ne veut pas utiliser ces stratégies ou manque de motivation.
Les orthophonistes doivent aussi contrôler tout changement dans le bégaiement qui pourrait être dû à l'usage de médicaments psychostimulants qui demeure l'intervention la plus commune pour les TDAH (8). Alors qu'il est en dehors du champ de pratique de l'orthophoniste de suggérer à la famille si on doit ou non continuer l'intervention pharmacologique, tout changement dans les comportements de bégaiement devrait être rapportés à l'équipe médicale. L'équipe peut alors décider d'arrèter la médication, modifier le dosage ou changer de médicament. Malheureusement, il y a très peu d'études décrivant les effets de des médicaments pour TDAH sur le bégaiement et la plupart des gestions cliniques doivent être faits sur une base ad-hoc.
Pour finir, les orthophonistes devraient avoir une compréhension approfondie des troubles TDAH et des ressources pour les familles et professionnels. Un excellent point de départ est la brochure "ADHD and Stuttering" de la Stuttering Foundation. Additionnellement les thérapeutes peuvent utiliser des ressources en ligne comme la Stuttering Homepage et Children and Adults with Attention Deficit Disorders – CHADD. En gardant ouvertes les communications avec tous les membres de son équipe, l'orthophoniste peut augmenter le rapport et le maintien du matériel présenté en thérapie tout en limitant la frustration et l'anxiété qui font trop souvent entrave au progrès.
1. Felsenfeld, S., Kirk, K.M., Zhu, G., Statham, D.J., Neale, M.C., & Martin, N.G. (2000). A study of the genetic and environmental etiology of stuttering in a selected twin sample. Behavioral Genetics. Sep;30(5):359-66.2. Yairi, E., Ambrose, N., & Cox N. (1996). Genetics of stuttering: a critical review. Journal of Speech, Language, Hearing Research. Aug;39(4):771-84.3. Alm, P., A., & Risberg, J. (2007). Stuttering in adults: The acoustic startle response, temperamental traits, and biological factors. Journal of Communication Disorders. 40, 1-41.4. Poulos, M., & Webster, W. (1991). Family history as a basis for subgrouping people who stutter. Journal of Speech and Hearing Research. 34, 5-10.5. Healey, E., C., & Reid, R. (2003). Tutorial on Stuttering and ADHD. Journal of Fluency Disorders. Volume 28, Number 2.6. Biederman, J., Faraone, S.V., Spencer, T., Wilens, T., Norman, D., Lapey, K.A., Mick, E., Lehman, B.K., & Doyle, A. (1993). Patterns of psychiatric comorbidity, cognition, and psychosocial functioning in adults with attention deficit hyperactivity disorder. American Journal of Psychiatry. Dec; 150(12): 1792-8.7. Van Meel, C.S., Heslenfeld, D.J., Oosterlaan, J., & Sergeant, J.A. (2007). Adaptive control deficits in attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD): the role of error processing. June 30;151(3):211-20.8. Zuyekas, S., Vitiello, B., & Norguist, G. (2006). Recent trends in stimulant medication use among U.S. children. American Journal of Pyschiatry. April; 163(4): 574-577.