par Jane Fry, MSc (Psych Couns)., Dip CT (Oxon), Michael Palin Centre
La thérapie cognitive, ou thérapie cognitivo-comportementale (TCC), est de plus en plus conseillée pour travailler avec les personnes qui bégaient. Jane Fry, du Michael Palin Centre, à Londres, nous parle de certains de ses principes -cliniques et théoriques -clés.
Qu'est-ce que la Thérapie Cognitive ?
La Thérapie Cognitive est une forme de psychothérapie qui fût développé à l'origine par Aaron Beck dans les années 1960 pour comprendre et traiter la dépression. Beck suggéra que, en tant qu'êtres humains, nous sommes constamment impliqués dans un processus de filtrage et d'interprétation de l'information, pour donner du sens au monde et à nos expériences. Bien que ce soit utile -puisque cela rend le monde plus prévisible-, il affirme que parfois nous faisons des erreurs, nous tirons des conclusions ou nous prenons généralement mal les choses. Bien que ce soit dans la nature humaine de faire des erreurs, Beck a suggéré que certaines personnes développaient des tendances inutiles, systématiques, dans la manière d'interpréter l'information, et que ces schémas de pensée négative ou inutile aident à expliquer leur vulnérabilité aux problèmes émotionnels.
La théorie cognitive souligne donc le rôle des émotions (pensées, suppositions et croyances centrales) en expliquant la façon dont les gens ressentent. Par exemple, quand les gens sont angoissés, c'est parce qu'ils prédisent qu'une situation imminente sera menaçante d'une certaine façon. De plus, le niveau d'anxiété sera plus fort ; plus une personne voit l'évènement craint comme étant probable de se produire, plus ce qui est en jeu va le faire se produire, et moins les personnes se voient comme étant capables de se débrouiller.
Beck a aussi suggéré que les pensées, les émotions, les sentiments, et les réponses physiologiques et comportementales sont liées. Par exemple, quand nous devenons anxieux, une réponse ‘câblée' déclenche des sentiments physiques, tels que les ‘butterflies’ [trac, noeud à l'estomac] ou un rythme cardiaque augmenté, et aussi une réponse comportementale naturelle et instinctive, quelque chose de protecteur, comme éviter la source de la menace. De plus, dans les situations difficiles les gens ont tendance à répondre de façons qui, par mégarde, exacerbent ou renforcent leur problèmes, créant un 'cercle vicieux'. Pour continuer avec l'exemple de l'angoisse, éviter une situation crainte peut procurer une sensation de 'je m'en suis tiré' individuel mais, en fin de compte, cela les empêche de découvrir que ces choses pourraient en réalité se passer très bien, ou ne soient pas aussi graves que ce qu'elles avaient craint, ou qu'en effet, elles auraient pu le faire. La personne perd l'occasion de construire sa confiance, et leurs peurs associées à la situation sont renforcées.
Comment peut-on relier cela au bégaiement ?
Les personnes qui bégaient remarquent souvent que lorsqu'elles se sentent angoissées à propos de leur parole, c'est lié à des pensées négatives ou des prédictions à propos de la situation. Ces pensées tendent à être à propos du bégaiement lui-même (par ex.: "Je vais resté bloqué"; "Ca va continuer indéfiniment"), comment les autres gens réagissent (par ex. "ils vont rire de moi, ils vont m'ignorer") et comment ils vont être vus (par ex. : "ils vont avoir une piètre opinion de moi", "ils vont penser qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec moi"). Ils peuvent alors découvrir qu'ils approchent la situation avec plus de tension émotionnelle et physique qu'ils ne l'auraient fait autrement, et cela résulte en effet en une plus grande probabilité de bégaiement. Alternativement, ils peuvent se débrouiller en faisant quelque chose de protecteur, comme décider de ne pas parler, ou de choisir un autre mot, qui pourra leur offrir à court-terme une solution, mais qui ne correspondra à la façon dont ils veulent gérer le bégaiement à long-terme. De façon importante, la dynamique du self-dialogue négatif et l'utilisation des statégies de gestion peu utiles peuvent devenir un modèle qui renforce, plutôt que de diminuer, l'angoisse de parler. A un niveau plus complexe et plus profond, les individus peuvent développer un système sous-oeuvre de suppositions négatives qui plus généralement influencent la façon dont ils vivent le monde.
Comment ça se passe en thérapie ?
Une des premières tâches est d'aider les clients à explorer les liens entre les pensées, les sentiments, les réactions physiologiques et les réponses comportementales, pour introduire le concept du cercle vicieux, et de les aider à juger lesquelles de ces manières typiques de gestion sont utiles, et lesquelles le sont moins.
Ensuite, les patients sont encouragés à mener des expériences qui les aident à tester les prédictions et à voir à quel point ils sont bon juges. Par exemple, un récent groupe d'adolescents au Michael Palin Centre a passé une matinée à regarder leurs thérapeutes bégayer et a remarquer comment les les membres du public réagissaient, une tâche dans laquelle ils se sont investis eux-mêmes de tout coeur, s'assurant que nous bégayions tous suffisamment pour rendre l'expérience valide.
Les thérapeutes cognitifs utilisent des questions pour aider les clients à explorer d'autres perspectives, et en tirer leur propres conclusions, en faisant attention de travailler en commun et d'éviter toute notion de débat ou d'ordre.
Les questions que nous encouragions les clients à se poser à eux-mêmes incluaient :
• Quelle est la preuve qui soutient ma prédiction ?
• Y-a-t-il une preuve que ce que je pense ne soit pas complètement exact, ou que quelque chose d'autre puisse être vrai ?
• Y-a-t-il une autre façon de regarder les choses ?
On aide aussi les gens à reconnaître quand ils adoptent un schéma inutile de pensée, ou une 'pensée-piège'. Notre groupe d'adultes, et beaucoup des thérapeutes et étudiants aussi, ont reconnu certains des faits suivants :
La pensée "tout ou rien" :
C'est quand vous voyez les choses dans un absolu, en blanc ou noir, plutôt que de considérer un continuum de possibilités. Percevoir quelque chose comme étant "un total échec" ou "de la merde", parce ce que ce n'est pas parfait à 100%, est un exemple de pensée 'tout ou rien'.
'Catastropher' :
Vous vous attendez à ce qu'arrive le pire même s'il n'y aucune preuve suggérant que ça va être le cas. Vous ne considérez pas d'autres alternatives possibles qui pourraient être justes, voire plus probable.
Lire dans les pensées :
Vous faites des suppositions sur ce que les gens pensent ou ne pensent pas.
Sur-généralisation :
Vous tirez des conclusions en vous basant sur un seul évènement, qui va au-delà de la situation actuelle.
Filtre mental :
Vous restez dans les pensées négatives et vous les gonflez hors de toute proportionou, tout en ignorant ou en minimisant les positives.
Pensée post-mortem :
Vous repassez dans votre tête toutes les choses qui se sont mal passées et vous ne prêtez pas attention aux choses que vous avez réussies.
De façon importante, en thérapie cognitive, on reconnaît que des évènements adverses apparaissent. Parfois les personnes qui bégaient affrontent de véritables stigmates sociaux et parfois les peurs sont justifiées. Une des forces réelles de cette approche est qu'elle se concentre sur la construction de forces de gestion et de capacités à résoudre les problèmes de façon à ce que les individus soient plus flexibles dans leur pensée et plus résilientes émotionnellement quand les choses ne sont pas idéales.
Recherche et base de preuves
Il n'y a pas beaucoup de recherches sur l'utilisation de la thérapie cognitive avec les personnes bègues, pourtant plusieurs études ont traités des liens entre l'anxiété sociale et le bégaiement, lending weight to a theoretical argument for its’ use. Fry, Botterill et Pring (2009) et Menzies, O’Brian, Onslow et Packman (2008) ont récemment fait référence à l'utilisation de la thérapie cognitive comme composante de traitement pour, respectivement, les adolescents et les adultes qui bégaient, et certainement à un niveau clinique, cela semble bien correspondre avec l'expérience des clients et les objectifs de la thérapie.
En résumé
La Thérapie Cognitive, ce n'est pas apprendre aux patients à "penser positivement" où à être plus 'rationnel'. C'est le fait d'aider les gens à comprendre la façon dont leurs pensées les affectent au jour-le-jour, et de se débrouiller avec les difficultés, plus efficacement en étant plus flexible dans la façon dont ils regardent et répondent aux situations, en développant plus de capacités de résolutions de problèmes, en maximisant l'utilisation d'un self-dialogue plus utile, et en développant des croyances centrales améliorant la vie.
Elle fournit une structure pour les thérapeutes pour explorer leurs propres pensées, émotions et réponses négatives, et pour mieux comprendre les anxiétés des parents.
Au Michael Palin Centre, la thérapie cognitive peut être intégrée dans des travaux sur les aptitudes de fluence, la désensibilisation ou les aptitudes générales de communication, ou elle peut être délivrée pour elle-même, pour de jeunes adulltes et des adultes qui veulent se concentrer plus sur les aspects psychologiques de leur expérience. Elle est particulièrement importante dans notre travail avec les enfants, les parents et les jeunes gens, au moment où se développer un regard sur soi robuste et positif est vraisemblable pour se protéger des difficultés futures.
References
Fry, J., Botterill, W., & Pring, T (2009). The effect of an intensive group therapy programme for young adults who stutter: A single subject study. International Journal of Speech-Language Pathology, 11 (1): 12-19.
Menzies, G., O’Brien, S., Onslow, M., Packman, A., St Clare, T & Block, S. (2008). An experimental clinical trial of a cognitive-behaviour therapy package for chronic stuttering. Journal of Speech, Language and Hearing Research, 51, 1451 -1464.
Self-help books
Butler, G. (1999) Overcoming Social Anxiety and Shyness. A self-help guide using Cognitive Behavioural Techniques. Robinson, London.
Butler, G. & Hope, T. (1995) Manage your Mind: The Mental Fitness Guide. Oxford: Oxford University Press.
Willetts, L., & Creswell, C. (2007). Overcoming your child’s social anxiety and shyness: A self-help guide using cognitive-behavioural techniques. Robinson. London
Jane Fry, MSc (Psych Couns)., Dip CT (Oxon), is a specialist speech and language therapist at The Michael Palin Centre for Stammering Children, London U.K., www.stammeringcentre.org.
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