27 février 2010
21 février 2010
Dis, ô, gène
Voici ce que j'ai retenu (sous réserve d'avoir bien compris) de l'intervention de Dennis Drayna à Stutter Talk
- La découverte des gènes suscite plusieurs idées. Et il faudra de toute façon réussir à retracer le chemin biochimique.
- La découverte des gènes suscite plusieurs idées. Et il faudra de toute façon réussir à retracer le chemin biochimique.
- Le Dr Drayna est enclin à conseiller à ceux qui le pourraient, de faire vérifier par analyse s'ils sont porteurs des gènes variants, surtout s'ils ont des proches qui bégaient. Une compagnie pourrait le faire.
- La thérapie génique et la thérapie enzymatique : La thérapie génique est restreinte, pour l'instant. Elle a connu peu de succès et des essais se sont mal terminés. Il va s'écouler beaucoup de temps avant qu'elle soit vraiment viable. La thérapie de remplacement enzymatique a connu beaucoup de succès, et est utilisée efficacement sur certaines mucolipidoses. Une forme de cette thérapie pour les personnes bègues porteuses de ces gènes serait relativement rapide à développer (si j'ai bien compris).
Mots-clés
Génétique
16 février 2010
La Phrase du Jour
"Pourquoi des malfonctions d'un processus basique, qu'on trouve dans beaucoup de types de cellules, affecteraient sélectivement les circuits neuraux impliqués dans la fluence de la parole ?D'autres gènes non-découverts associés au bégaiement ont-ils des rôles dans les chemins métaboliques ?
Ces données peuvent-ils expliquer comment le bégaiement précoce va persister ?
Y-a-t-il de nouvelles prospectives pour le traitement ?"
Extrait de Genetic Susceptibility to Stuttering, par Simon E. Fisher, editorial du The New England Journal of Medecine, 15, février 2010, (page d'origine) suite à la découverte et à la parution du rapport sur les trois premiers gènes du bégaiement par l'équipe de Kang et Drayna.
Mots-clés
Génétique,
La Phrase du Jour
10 février 2010
TROIS PREMIERS GENES DU BEGAIEMENT IDENTIFIES !
Mise à jour : je vous propose un sous-titrage la vidéo "Unlocking a medical mystery" : Stuttering (CNN, février 2010) - Page d'origine - Voir la vidéo en HQ 1 - HQ 2
Localisation : Chromosome 12.Gènes : GNPTAB, GNPTG, et NAGPA.
Une nouvelle étape sérieuse dans la compréhension du bégaiement a donc été franchie, au
terme de l'étude (financée par le gouvernement) du Dr Drayna et de son équipe.
7 février 2010
TSB - Tchat sur Skype : Discussion franche avec Gerald Maguire
Avec les résultats des essais de Phase IIb peut-être seulement cet été, le pagoclone n'est toujours pas à la veille de sortir. Cette interview de Gerald Maguire par T.Weidig sur Skype, après Per Alm et Deryk Beal n'en est pas moins très intéressante.
TheStutteringBrain - Lundi 1er février 2010
Discussion franche avec Jerry Maguire
TheStutteringBrain - Lundi 1er février 2010
Discussion franche avec Jerry Maguire
Après mes discussions Skype avec Per et Deryk, j'ai tchatté avec Jerry Maguire, examinateur en chef de l'étude sur le Pagoclone. Il était d'accord pour une discussion sans langue de bois. [...] C'est vraiment important que la communauté du bégaiement pose des questions franches et honnêtes sur le Pagoclone, un composé qui pourrait bien générer des centaines de millions de revenus ou de pertes pour les compagnies pharmaceutiques. Les enjeux financiers sont élevés !Tom Weidig : Merci d'avoir le courage d'avoir une interview sans langue de bois avec TheStutteringBrain ! Permettez que je commence avec vous-même. Vous avez dit que vous êtes une personne bègue. Dans les discours ou en face à face, vous bégayez vraiment très peu, excepté lors d'occasionnels blocages ou pauses. Mon observation est-elle correcte ? Dans toutes les situations ? Et lorsque vous étiez plus jeune ?
Mots-clés
Chat TSB avec un chercheur,
Le Pagoclone,
Médicaments
1 février 2010
TSB - Tchat sur Skype : Deryk conquiert le monde sauvage du bégaiement
Après Per Alm, Tom discute avec Deryk Beal. C'est la première fois que je lis quelque chose qui propose une réponse à mes questionnements sur le bégaiement et les zones auditives. (Voir à peu près au milieu de la discussion.)Prochaine discussion : Gerald Maguire.
TheStutteringBrain - Vendredi 29 janvier 2010
Deryk conquiert le monde sauvage du bégaiement
J'ai eu une discussion sur Skype avec Deryk Beal, chercheur dans le domaine du bégaiement et bientôt diplômé PhD, dans le groupe de Luc de Nil à Toronto. Nous avons discuté de ses recherches sur l'implication auditive dans le bégaiement. [...]
TSB : Salut Deryk ! Merci de consacrer du temps et de dire à la communauté du bégaiement que tu lis mon blog ! Tu es sur le point de finir ton PhD sur le bégaiement ? Quel en est le sujet ?
Deryk : Salut Tom ! Ma dissertation doctorale a exploré l'implication potentielle des différences de traitement auditif dans le bégaiement à la fois chez les adultes et les enfants qui bégaient.
TSB : Alors, est-ce que la région auditive est différente chez les personnes qui bégaient ?
Deryk : Une question directe. Malheureusement, la réponse n'est pas directe.
TSB : Pourquoi pas ?
Deryk : Les études comportementales, neuroanatomiques et neurophysiologiques montrent du doigt des différences dans les régions auditives des personnes qui bégaient.
TSB : Alors, est-ce plutôt une cause du bégaiement ou une conséquence (comme vivre à côté d'une autoroute bruyante) ou est-ce que ces enfants avec un système auditif faible sont plus susceptibles de ne pas se rétablir ?
Deryk : Je crois qu'il y a un modèle émergent dans les données, à la fois publiées et non-publiées (de mon superviseur de laboratoire et d'autres), pour suggérer que les enfants qui bégaient peuvent avoir des diffcultés à former les représentations neurales pour la production de sons de parole. A ce stade il est difficile de distinguer si les différences observées sont causales ou conséquentes.
TSB : Que voulez-vous dire par difficulté à former ... ? Après tout, je peux parler avec fluence, donc je suis capable de les former. Alors est-ce que c'est difficile dans le sens d'être plus lent que la normale ou plus sensible aux interférences ?
Deryk: Comme tu l'as souligné, les gens qui bégaient parlent avec fluence pendant des périodes de temps fréquentes et longues. Cela suggère que les représentations neurales pour les sons de parole sont formées; des données non-publiées de mon travail doctoral suggèrent que les enfants qui bégaient peuvent former ces représentations neurales de façon inefficace. Permets moi de revenir ta question de départ : "La région auditive est-elle différente chez les gens qui bégaient ?" La réponse est que ça dépend si vous regardez les différences neuroanatomiques, neurophysiologiques ou comportementales. Considérez les différences de volume de matière grise publié dans la littérature. Ces différences sont un exemple de différences neuroanatomiques chez les gens qui bégaient.
TSB : Mais pour ce que j'en sais, elles sont limitées à des aires de la parole ou des fibres les connectant ?
TSB : Mais pour ce que j'en sais, elles sont limitées à des aires de la parole ou des fibres les connectant ?
Deryk : Les différences neuroanatomiques entre les personnes bègues et fluentes ne sont pas limitées aux connexions des fibres de matière blanche. Si nous examinons les découvertes chez les enfants qui bégaient publiées par Chang et coll. (2008) nous voyons que les enfants dont le bégaiement persiste diffère des enfants qui ne bégaient pas, des façons suivantes :
1. Volume réduit de matière grise dans le gyrus frontal inférieur bilatéral
2. Volume réduit de matière grise dans le gyrus temporal médian bilatéral
Cependant, si nous examinons les résultats chez les adultes qui bégaient de mon superviseur de laboratoire (Beal et coll., 2007) et d'une équipe en Chine (Song et coll., 2007) nous découvrons que les adultes qui bégaient diffèrent de leurs équivalents en âge des façons suivantes :
1. Volume de matière grise accrûe dans le gyrus frontal inférieur gauche
2. Volume de matière grise accrûe dans le gyrus temporal supérieur bilatéralement
3. Volume de matière grise accrûe dans l'insula gauche
En d'autres termes, les enfants qui bégaient diffèrent de leurs camarades du même âge de façon différente que les adultes avec leurs équivalents d'âge.
TSB : Alors je dirais qu'il y a deux groupes différents ! Seul un sous-échantillon de 10-20% des enfants bégayants serait une partie de l'échantillon adulte ? Les enfants vont mieux avec l'âge ?
Deryk : Je ne suis pas d'accord avec ton affirmation que seul un sous-échantillon de 10-20% des enfants qui bégaient serait partie d'un échantillon adulte. Les enfants dans l'étude de Chang et coll. avaient 9-12 ans et étaient soigneusement sélectionnés pour pour distinguer les persistants, les rétablis et les non-bègues. Si nous considérons les critères établis pour déterminer les enfants à risque de persistance du bégaiement alors il est improbable que les bègues "persistants" dans l'article de Chang et coll. se rétabliront (1). Yairi & Ambrose (1999) ont montré que la durée générale pour le rétablissement va de 2 à 3 ans.
TSB : Toutes ces différences sont-elles liées aux régions auditives ?
1. Volume réduit de matière grise dans le gyrus frontal inférieur bilatéral
2. Volume réduit de matière grise dans le gyrus temporal médian bilatéral
Cependant, si nous examinons les résultats chez les adultes qui bégaient de mon superviseur de laboratoire (Beal et coll., 2007) et d'une équipe en Chine (Song et coll., 2007) nous découvrons que les adultes qui bégaient diffèrent de leurs équivalents en âge des façons suivantes :
1. Volume de matière grise accrûe dans le gyrus frontal inférieur gauche
2. Volume de matière grise accrûe dans le gyrus temporal supérieur bilatéralement
3. Volume de matière grise accrûe dans l'insula gauche
En d'autres termes, les enfants qui bégaient diffèrent de leurs camarades du même âge de façon différente que les adultes avec leurs équivalents d'âge.
TSB : Alors je dirais qu'il y a deux groupes différents ! Seul un sous-échantillon de 10-20% des enfants bégayants serait une partie de l'échantillon adulte ? Les enfants vont mieux avec l'âge ?
Deryk : Je ne suis pas d'accord avec ton affirmation que seul un sous-échantillon de 10-20% des enfants qui bégaient serait partie d'un échantillon adulte. Les enfants dans l'étude de Chang et coll. avaient 9-12 ans et étaient soigneusement sélectionnés pour pour distinguer les persistants, les rétablis et les non-bègues. Si nous considérons les critères établis pour déterminer les enfants à risque de persistance du bégaiement alors il est improbable que les bègues "persistants" dans l'article de Chang et coll. se rétabliront (1). Yairi & Ambrose (1999) ont montré que la durée générale pour le rétablissement va de 2 à 3 ans.
TSB : Toutes ces différences sont-elles liées aux régions auditives ?
Deryk : De plus, l'âge de l'apparition est typiquement entre 2 et 5 ans. Par conséquent, les enfants de 9 à 12 qui bégaient, ayant commencé dans les années pré-scolaires ne se rétabliront probablement pas.
TSB : Je comprends. Je pensais que les enfants étaient plus jeunes.
Deryk : Pris ensemble, ces résultats suggèrent une trajectoire anormale possible de développement volume de matière grise chez les gens qui bégaient dans au moins les gyri frontaux inférieurs bilatéraux - régions fortement impliquées dans l'assemblage et l'exécution de la commande moteur de la parole.
En se basant sur ces découvertes neuroanatomiques seules, il semble que les enfants qui bégaient ont moins de ressources neuronales dans le gyrus frontal inférieur (une zone impliqué probablement dans les représentations des sons de la parole - voir Guenther et coll., 2006, Ghosh et coll., 2008) que les enfants qui ne bégaient pas.
Que les adultes qui bégaient aient un volume accrû de matière grise dans la même zone suggère que les différences observées dans ces études sont le reflet d'une organisation inefficace des représentations neurales de sons de parole, une surpopulation compensatoire de ressources neuronales dans cette zone en réponse à une sous-population présente dans l'enfance ou la continuation d'une trajectoire développementale anormale ou différente.
TSB : OK. Alors comment relier cela aux régions auditives ou à leur implication...Il semble que ce soit à la périphérie ? Je veux dire l'auditif est plus périphérique ?
Deryk : Ecouter les autres personnes parler est une composante centrale du développement de la parole et du langage. Il peut y avoir des enfants qui bégaient qui ont des difficultés à extraire ou transformer l'information depuis les sons de parole, pendant les tâches d'écoute, dans le but de former des représentations des sons de la parole requis pour l'exécution moteur de parole conséquente.
TSB : Oui mais le fait est que la plupart des personnes bègues peuvent prononcer parfaitement à la différence des enfants sourds qui ont une parole mal articulée.
TSB : Je comprends. Je pensais que les enfants étaient plus jeunes.
Deryk : Pris ensemble, ces résultats suggèrent une trajectoire anormale possible de développement volume de matière grise chez les gens qui bégaient dans au moins les gyri frontaux inférieurs bilatéraux - régions fortement impliquées dans l'assemblage et l'exécution de la commande moteur de la parole.
En se basant sur ces découvertes neuroanatomiques seules, il semble que les enfants qui bégaient ont moins de ressources neuronales dans le gyrus frontal inférieur (une zone impliqué probablement dans les représentations des sons de la parole - voir Guenther et coll., 2006, Ghosh et coll., 2008) que les enfants qui ne bégaient pas.
Que les adultes qui bégaient aient un volume accrû de matière grise dans la même zone suggère que les différences observées dans ces études sont le reflet d'une organisation inefficace des représentations neurales de sons de parole, une surpopulation compensatoire de ressources neuronales dans cette zone en réponse à une sous-population présente dans l'enfance ou la continuation d'une trajectoire développementale anormale ou différente.
TSB : OK. Alors comment relier cela aux régions auditives ou à leur implication...Il semble que ce soit à la périphérie ? Je veux dire l'auditif est plus périphérique ?
Deryk : Ecouter les autres personnes parler est une composante centrale du développement de la parole et du langage. Il peut y avoir des enfants qui bégaient qui ont des difficultés à extraire ou transformer l'information depuis les sons de parole, pendant les tâches d'écoute, dans le but de former des représentations des sons de la parole requis pour l'exécution moteur de parole conséquente.
TSB : Oui mais le fait est que la plupart des personnes bègues peuvent prononcer parfaitement à la différence des enfants sourds qui ont une parole mal articulée.
Deryk : Je ne conteste pas ce fait. La formation des représentations neurales est complexe. Les caractéristiques de la parole des sourds ou malentendants reflètent leur entrée auditive altérée comme résultat d'un dommage cochléaire ou d'une malfonction. Les caractéristiques de parole des personnes bègues peuvent être le reflet de difficulté à intégrer l'information auditive dans le but de former des représentations neurales efficaces pour les sons de parole au niveau cortical.
TSB : Mais je peux comprendre comment les enfants sourds ont des problèmes hormis le bégaiement dûs aux problèmes auditifs ? Je suppose que les enfants sourds ne bégaient jamais ?
Deryk : Tu poses deux questions ici. 1. Je suppose que les enfants sourds ne bégaient jamais. Il y a des données limitées sur la fréquence de bégaiement chez les personnes sourdes.
TSB : Ce pourrait être intéressant. Je suis convaincu qu'il doit y avoir des enfants sourds qui bégaient ?
Deryk : Van Riper a décrit un tel exemple d'un individu qui a arrêté de bégayer immédiatement après être devenu sourd à l'âge adulte. Il y a aussi des preuves d'une fréquence réduite de bégaiement chez des enfants qui sont sourds via une enquête consensus d'instituts éducationnel de gens sourds. Je crois que soit Bernstein-Ratner & Bloodstein et/ou Barry Guitar ont parlé de cette information dans leurs ouvrages respectifs.
TSB : Les bruits blancs rendent certains plus fluents. Mais les circuits neuraux et les comportements appris du bégaiement sont toujours présents chez la personne qui devient sourd.
Deryk : Certains peuvent répondre que l'élimination totale du feedback auditif, comme chez la personne qui devient sourd, a débouché sur l'incapacité de s'appuyer sur ce feedback résultant ainsi en une parole fluente. Ce point nous ramène joliment à la question en cours - est-ce que les régions auditives chez les personnes bègues diffèrent des locuteurs fluents ? Chez les adultes qui bégaient - oui. Est-ce inné ? Les données sur les enfants qui bégaient suggéreraient le contraire. Par conséquent le volume de matière grise observé dans les régions auditives des adultes qui bégaient semblent être compensatoires par nature.
TSB : Est-ce que adaptatif n'est pas un meilleur mot, étant donné que compensatoire suggère une aide ?
Deryk : Cela peut refléter une prolifération des ressources neuronales dans les zones auditives comme résultat d'un hyper-appui sur son propre feedback auditif pendant qu'on parle. Mal-adaptif ? Je n'ai pas accordé beaucoup d'importance à la sémantique de cette terminologie à ce stade.
TSB : Peut-être pas mal-adaptatif, juste que cela s'adapte. Ce qui peut aider ou le contraire. Alors comment se fait-il que nous ayons des périodes fluence magique ou que nous bégayons plus gravement dans certaines situations ?
Deryk : Si j'avais la réponse à cette question je serais riche, ou plutôt adoré pour avoir partagé le remède au bégaiement. Partagé gratuitement s'entend :) Sérieusement, manifestement les différences dans la structure ou le traitement auditif ne sont pas les seules différences entre les personnes qui bégaient et les fluents.
TSB : Cela ne suggère-t-il pas que les comportements de langage appris soient opposés à une source neurologique permanente ?
Deryk : Je crois qu'il y a probablement d'autres composantes au système de perception-production de parole non directement examiné dans la ligne de mes recherches actuelles qui détiennent probablement des indices sur les réponses à ces questions. Par exemple, les travaux de Per Alm et Sarah Smits-Bandstra qui ont fait un excellent travail de récapitulaton sur le rôle potentiel des boucles subcorticales des noyaux gris centraux. Je ne crois pas que les comportements centraux du bégaiement soient appris. Les comportements centraux étant les prolongations de sons de parole, les répétitions de mots/sons/syllabes et les blocages silencieux.
TSB : Donc les déclencheurs sont appris ?
Deryk : Cependant, je crois vraiment qu'il y a un composant appris aux secondes caractéristiques de la parole bégayée tels la tension, le faible contact du regard et les les mouvements du corps. Déclencheurs dans quel sens du terme ?
TSB : Que ça déclenche le bégaiement. Vous êtes en train de parler de comportements appris en termes de symptômes secondaires. Mais certaines situations ou mots déclenchent un blocage.
Deryk : Les situations ou mots qui déclenchent des moments de bégaiement doivent être appris. Vous n'avez certainement pas de prédisposition génétique pour bégayer sur la lettre "b" et de le faire plus fréquemment quand vous parlez à des groupes de 2 personnes ou plus.
TSB : Oui mais et s'il y a une faiblesse permanente ne devrait-on pas bégayer tout le temps sur les mêmes mots ?
Deryk : Je crois que cette affirmation est une sur-simplification du problème. Le cerveau est complexe. La parole dépend d'un réseau cortical étendu. Si nous prenons un exemple de trouble du langage, l'aphasie, ça pourrait être utile pour répondre à ta question. Les personnes avec aphasie expressive, et anomie, dû à une attaque ont un défaut neuroanatomique évident et permanent. Cependant, en fonction de la gravité de l'aphasie expressive un individu peut être capable de produire certains mots parfois mais pas à d'autres moments. C'est un problème différent du bégaiement développemental mais cela illustre la complexité du cerveau humain, et ça suggère que les déficits permanents peuvent déboucher sur une apparence de comportements illogiques.
TSB : Bien mais le bégaiement revient toujours sur certains mots et pas d'autres. Alors que tu dis que cela se produit parfois sur n'importe quel mot ?
Deryk : Je ne crois pas qu'il soit approprié d'étendre mon analogie plus loin. Pour répondre à ta question : il peut y avoir des schémas aux mots qui perturbent certaines personnes aphasiques de la même façon qu'il y a des schémas aux mots que certaines personnes bègues trouvent difficiles.
TSB : [...] Quels sont tes rpojets après ton doctorat ?
Deryk : J'ai réellement de la chance d'avoir le soutien du Canadian Institutes of Health Research (CIHR) qui va financer mon travail post-doctoral avec le Dr. Frank Guenther et son laboratoire de la Boston University. Je prévois d'examiner plus avant les différences neurales potentielles qui mènent au bégaiement en utilisant le modèle DIVA pour établir des prédictions sur le fonctionnement neural des personnes qui bégaient.
TSB : Quand commences-tu ?
Deryk : Je commence en Mai 2010 et j'ai un financement pour 3 ans.
[...]
TSB : Comment te sens-tu par rapport à ta vie post-doc ?
Deryk : Je suis extrêment excité par rapport à mon travail post doctoral avec le Dr. Guenther et l'équipe. Il est vraiment important que nous approfondissions notre compréhension des corrélats neuraux du bégaiement du bégaiement dévloppemental. Les informations que nous obtenons de cette ligne de recherche pousse non seulement le corps de connaissance du bégaiement mais aussi les processus de contrôle moteur de la parole typiques. Ainsi, les implications de ces travaux sont potentiellement larges avec des applications allant de la production de parole normale à d'autres troubles de la parole.
[...]
TSB : Merci pour le tchat ! Et nous apprécions ton engagement dans la recherche sur le bégaiement !
(1) sous-entendu sans thérapie, je pense. Olivier.
par Tom Weidig
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- Comment une personne bègue qui, il y a 10 ans était totalement méprisante et indifférente vis-à-vis de la recherche sur son trouble, s'est-elle brusquement prise de passion pour elle jusqu'à ouvrir un blog ? Par désespoir ? Non. Par ennui ? Non. Par un oeil neuf, tout simplement. Résultat : depuis 2007, Un Olivier sur un Iceberg vous tient au courant des découvertes, et vous propose des traductions et résumés scientifiques sur les révélations de la recherche sur le bégaiement qui vont vous stupéfier. Bienvenue dans l'une des enquêtes scientifiques les plus passionnantes et les plus excitantes qui soient.
