28 février 2011

Sous-titrage Express : And the winner is...

Mise à jour : il semblerait que David Seidler dise que l'Oscar nous est "tout entier" décerné, et pas seulement en partie.
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27 février 2011

La vraie vie de Logue + Le film attire l'attention sur la recherche

Merci à une fidèle indicatrice pour m'avoir indiqué cet article en français sur la vraie vie de Lionel Logue

Et merci à Laurent pour le lien sur l'article que j'ai traduit ci-après

'Le Discours d'un Roi' attire l'attention sur les nouvelles recherches sur le bégaiement
PBS NewsHour - Health - 
25 février 2011 - par : LEA WINERMAN
"Le Discours d'un Roi" mène le buzz autour des Oscars cette année avec 12 nominations, y compris celles de meilleur film et meilleur acteur. Le film, qui décrit la longue lutte du Roi George VI pour surmonter son bégaiement, attire aussi l'attention sur un vieux mystère -- qu'est-ce qui fait bégayer les gens ?

Pendant la plus grande partie du 20e siècle, les experts ont accusé la psychologie -- timidité, mauvais parents ou autres facteurs. A la différence de la plupart des troubles de la communication, le bégaiement n'apparaît pas immédiatement quand le bébé commence à parler -- cela commence habituellement autour de deux ou quatre ans.

"C'est ce qui a permis à des gens comme Freud de commencer à spéculer sur le fait qu'il pouvait y avoir quelque chose dans l'environnement, ou dans l'attitude des parents, qui l'a amené," dit Nan Ratner, chercheur sur le bégaiement à la University of Maryland. Nous savons maintenant que ce n'est pas vrai, dit Ratner, s'exprimant devant un parterre de chercheurs la semaine dernière au meeting annuel de l'American Association for the Advancement of Science.

Les deux dernières décennies, les scientifiques ont utilisé les nouvelles technologies et outils pour fissurer la croyance de longue date que le bégaiement serait essentiellement un problème psychologique. Avec des machines d'Imagerie par Résonance Magnétique Fonctionnelle et les outils de l'analyse génétique, ils commencent à comprendre les fondements génétiques et physiologiques de ce trouble.

Par exemple, les scientifiques savent depuis longtemps que le bégaiement se retrouve dans des mêmes familles. Mais des études ont montré que des enfants adoptés par des adultes bègues ne sont plus susceptibles de bégayer eux-mêmes. Cela suggère une cause génétique -- les enfants n'apprennent pas à bégayer en entendant les parents le faire, ils héritent un gène du bégaiement.

Récemment, Dennis Drayna, un généticien du National Institutes of Health, a identifié des mutations sur 3 gènes liés au bégaiement aux Etats-Unis, au Pakistan, et au Royaume-Uni. Il pense que ces gènes pourraient entrer en compte pour 5 à 10 % du bégaiement qui se retrouve dans les mêmes familles dans le monde.

De façon surprenante, ces mutations sont sur les même gènes que d'autres mutations rares qui causent un ensemble mortels de maladies appelées mucolipidoses de type II et III. Dans la mucolipidose, un basculement métabolique fait que les cellules du corps sont incapables de recycler proprement les produits déchets.

Drayna pense que chez les personnes avec une mutation génétique qui cause le bégaiement, une forme différente, plus légère, de ce même problème pourrait affecter seulement un ensemble particullier de de cellules du cerveau liées à la parole.

"Nous pensons que cela se passe ainsi, et ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse, est qu'une certaine classe de cellules, de neurones dans le cerveau, qui sont subtilement sensibles à ce petit défaut métabolique modeste. Et ces cellules sont directement liées à la parole," dit-il aux journalistes. "Donc notre objectif est de trouver exactement quelles sont ces cellules, à quoi elles sont connectées, et ce qui tourne mal."

Pendant ce temps, d'autres scientifiques regardent directement dans le cerveau pour essayer de comprendre comment ces différences dans la fonction et l'anatomie du cerveau  pourrait être connectés au cerveau au bégaiement. Luc De Nil, un chercheur de la University of Toronto, utilise depuis plus d'une décennie des tests physiologiques et des IRMf pour examiner les cerveaux des personnes qui bégaient et des autres.

Lui et d'autres ont découvert que des problèmes avec la fonction moteur semblent aller de pair avec le bégaiement. Les personnes qui bégaient ont des problèmes dans la réception et la coordination du feedback sensoriel, ce qui mène à des difficultés pour coordonner leurs mouvements de parole. Il a aussi trouvé des preuves que les personnes bègues ont des problèmes avec d'autres tâches de coordination moteur, telles que des exercices de rythme.

En utilisant l'IRMf et la TEP, De Nil a trouvé que les parties du cerveau qui contrôlent les mouvements de la parole sont hyper-actives chez les personnes bègues, et que les aires de traitements auditives sont sous-actives -- bien qu'il ne soit pas clair s'il s'agit de la cause ou du résultat du bégaiement. De Nil a découvert des différences dans le volume de substance grise (corps des cellules du cerveau) et substance blanche (connexions des cellules) dans certaines parties du cerveau entre les personnes bègues et les autres.

"Ce n'est pas juste la physiologie, c'est aussi l'anatomie sous-jacente -- le cerveau qui semble différent chez les personnes bègues," dit-il.

Les études de De Nil sur le cerveau et les études génétiques de Drayna ne se chevauchent pas encore, disent les scientifiques.
"Mais, dit De Nil, les deux approchent la même question par différents angles."

"Finalement, je pense que là ou les deux vont se rencontrer est là où l'information génétique nous permettra d'expliquer pourquoi le cerveau fait ce qu'il fait chez les gens qui bégaient," dit-il.

"Le discours d'un Roi," bien sûr, ne reflète pas les nouvelles connaissances des scientifiques sur les soubassements du bégaiement. Mais De Nil -- qui dit avoir aimé le film -- affirme qu'il dépeint précisément ce que les gens pensaient à cette époque. Et, ajoute-t-il, le film montre aussi précisément que le bégaiement est un trouble à vie sans remède miracle.

"Le roi George a bégayé toute sa vie. Il était capable de mieux le gérer, mais il a continué à bégayer," dit De Nil. "A la fin du film, lorsqu'il donne un discours à la nation, il aurait été facile pour les réalisateurs de lui faire subir une révélation du style 'eureka.' Et ce n'est pas le cas. Il était capable de faire le discours, mais il a continué à avoir des mouvements de bégaiement notables. J'ai vraiment aimé qu'il n'y ai pas de tentative de cure miracle."

24 février 2011

Ma critique du "Discours d'un Roi"

Une critique de plus du Discours d'un Roi, la mienne. Pour ceux que ça intéresse...

Le film en lui-même est plus qu'agréable à regarder. La façon de faire de Tom Hooper est assez particulière, ses choix de cadrages sont étranges, voire improbables au premier abord, mais assurent le minimum. 
Présenté comme une bonne surprise, il s'apprécie comme tel. Mais j'aurais apprécié qu'il décolle encore plus, car il en avait le potentiel. Par plus de contraste, plus de scènes saisissantes, plus de richesse d'idées. Je pensais voir par exemple plus d'humour british. Mais aussi plus de scènes éprouvantes de bégaiement.
Visuellement, étant donné le budget (10 millions de dollars, autrement dit de l'argent de poche, même comparé à la moyenne hollywodienne) le film s'en sort avec les honneurs.
Plus que sympa, donc, mais je ne crois pas qu'il me laissera pour autant un souvenir impérissable. Parfois, les sujets secondaires comme la TSF, décrite comme un boîte de Pandore ou un démon, "qui fait de nous des acteurs..etc" est plus intéressante que l'intrigue principale. Au final, j'ai l'impression qu'il manque un petit quelque chose...peut-être aussi la faute au buzz, (qui a souvent pour conséquence de tuer l'oeuvre). Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer ce qu'un Bryan Singer ou un Tom Tykwer entre autres en aurait tiré. Par exemple, comparé à ses rivaux aux Oscars, j'ai été plus emballé par l'intrigue de The Social Network.

Hélas, j'ai vu le film en VF. Et le doublage français...bof. Que dire du doublage du bégaiement ? Pas très convaincant. Pour commencer, le choix des voix est curieux. Mais si vous le pouvez, voyez-le en VO.

Concernant le bégaiement, sur le fait que 
a) la personne bègue soit présenté de façon un peu plus sérieuse que d'habitude
b) soit au centre de l'intrigue,
rien à redire. On ne peut pas lui enlever ça.
Il faut s'en réjouir, oui, mais à d'autres moments, je me dis que ça aurait pu -et ça aurait dû- être fait plus tôt (!).
Curieusement, le bégaiement de Colin Firth ne m'a pas si ému que ça. Je ne me suis pas systématiquement reconnu dans ses manifestations. Le point le plus intéressant, ce sont indubitablement les blocages silencieux et explosifs. A contrario, en tant que personne bègue, le visionnage du film avait quelque chose de salvateur...

Certaines scènes entre le roi et son thérapeute sont extrêmement intéressantes et font comprendre pourquoi la confiance entre les deux est indispensable.

En conclusion, Le Discours d'un Roi n'est pas précisément le feu d'artifice que j'attendais. 
Dire que les films à venir suivront ce chemin, on-espère-on-espère, mais mieux vaut ne pas se faire trop d'illusions. Espérons au moins que les scénaristes se sentiront désormais ridicules de créer des personnages bègues comme des bouffons accessoires. Je me prends à rêver que les producteurs et les scénaristes exploitent à nouveau le fait que la personne bègue en elle-même a la substance d'une histoire à elle seule, et pas forcément en étant Roi ni en ayant à déclarer la guerre, à l'aube de la radio.
L'influence du cinéma est tout sauf négligeable. Après tout, le héros d'Avatar est un handicapé en fauteuil roulant...
Mais si ce film peut amener plus de personnes à ne pas réagir au bégaiement avec le rire, le mépris ou les préjugés, alors il aura servi à quelque chose.

21 février 2011

Les 3 premiers gènes du bégaiement introduits chez la souris !

Le premier modèle animal pour étudier le bégaiement a été crée : l'équipe du Dr Drayna a crée des souris génétiquement modifiées pour mimer le bégaiement humain à sa façon.

(Soit dit en passant, voici les résumés sur le site des interventions de Smith et De Nil:
Smith : "Elle présentera des résultats récents qui montrent que la plannification du langage chez les personnes bègues déstabilise exceptionnellement le contrôle moteur de la parole, une découverte rendue possible par la vision du bégaiement à travers des fenêtres interdisciplinaires."
De Nil : "...l'intervenant discutera de la façon dont un nombre substantiel de découvertes différencient les enfants et les adultes qui bégaient des locuteurs fluents en regard de la morphologie du cerveau autant que les processus moteur et fonctionnel de la parole/langage. Ces résultats aident à élucider les déficits possibles qui contribuent au développement et à la persistance du bégaiement. De façon importante, il est aussi évident que beaucoup de ces modèles répondent à l'intervention thérapeutique, suggérant que certains aspects de ces profils neurologiques sont plastiques et du ressort du traitment comportemental.")

"Les souris ont des communications vocales extrêmement riches mais qui sont assez peu comprises," dit Drayna. "On doit mettre les mutations humaines du bégaiement dans les gènes de la souris et c'est ce que nous avons fait. Nous réalisons actuellement des enregistrements ultrasoniques des souris"

Ils veulent en effet essayer de trouver certaines caractéristiques neurologiques dans les "squeaks" de la souris, pouvant être mis en lien avec les mutations. Mais certains sons sont inaudibles à l'oreille humaine. Les scientifiques sont à l'affût de toute manifestation chez cette souris, qui pourrait avoir un lien.

Dans les articles, Drayna rappelle ce qu'il avait déjà supposé lors de la découverte des 3 gènes, dont les mutations sont aussi connues pour entraîner les mucolipidoses :
"Ce que nous pensons, c'est qu'il y a une classe de neurones dans le cerveau qui sont finement sensibles à ce déficit métabolique qui est produit par ces mutations – ces neurones sont consacrées à la parole. Nous avons fait des examens neurologiques complets chez ces personnes et il n'y a aucun autre déficit chez eux. Notre objectif est de trouver quelles sont ces cellules, à quoi elles sont connectées, quelle est leur fonction normale et pourquoi leur fonction va de travers."

Luc de Nil de l'Université de Toronto dit que les études génétiques sont à une extrémité du spectre lorsqu'il s'agit de comprendre la biologie du bégaiement. En visualisant par imagerie les cerveaux des personnes qui bégaient, il a identifié des zones qui différent en structure, comparés aux non-bègues.
"Les zones ou nous avons trouvé des différences d'activation fonctionnelles semblent être des zones impliquées dans le contrôle moteur de la parole : le cortex frontal, le cortex pré-moteur," dit-il. "Il y a aussi une forte activation au niveau du cervelet. Toutes ces zones du cerveau semblent être hautement activées et sont impliquées dans le contrôle moteur de la parole. Il peut y avoir des zones autour des noyaux gris centraux, plus profondément dans le cerveau." Il a aussi scanné les cerveaux de personnes qui ont seulement commencé à bégayer après une attaque et trouvé des lésions à des endroits similaires.
Il a ajouté : "Une chose curieuse est que, tandis que de beaucoup de zones du cerveau sont hyper-activées, il semblent y avoir une sous-activation des aires auditives  dans le cerveau des personnes bègues. Je serais extrêmement surpris si certaines des recheches génétiques n'élucideraient pas en définitive, ne clarifieraient ce que nous trouvons” a-t-il dit au meeting.

De son côté, Drayna a rappelé qu'il reste encore beaucoup de gènes à trouver, pour avoir une meilleure compréhension du problème.
"L'industrie pharmaceutique est très compténte pour trouver un médicament s'ils ont une bonne cible," a dit Drayna. "Un des mes objectifs était de trouver des molécules qui pourraient servir de bonnes cibles pour un développement pharmaceutique. Ce qui est, pour l'instant, quelque peu spéculatif et certainement à plusieurs années de nous."


http://www.metro.co.uk/news/856050-scientists-create-stammering-mice-to-solve-the-kings-speech-problem
http://www.guardian.co.uk/science/2011/feb/20/scientists-create-gm-mice-stuttering
http://www.independent.co.uk/news/science/squeak-defects-in-mice-could-help-treat-human-stutterers-2220653.html
http://www.irishtimes.com/newspaper/ireland/2011/0221/1224290426834.html
http://www.irishexaminer.com/world/health/stuttering-mice-bred-by-scientists-145986.html
http://www.u.tv/News/Scientists-create-GM-mice-with-stutter-to-study-conditions-causes/760f2589-4837-496a-9fed-bbef0fd99dd2

15 février 2011

Comment les connaissances changeront la perception au quotidien

Il y a une analogie symbolique entre les connaissances scientifiques sur le bégaiement, et le regard que la personne bègue porte sur celui-ci.

Je suis convaincu que personne ne nie vraiment, au fond de soi, les résultats des recherches. Je suis convaincu qu'il y a toujours un moment ou nous avons tous le recul suffisant pour observer cela. Nous voulons tous en savoir plus, savoir le fin mot de l'histoire. C'est cet état d'esprit, à la fois ouvert et amusé, ludique et agréable, qu'il faut avoir quand on en prend connaissance.

Nous avons tous une partie de nous-même qui reste à l'écoute.

Simplement, on écarte, par une étrange crainte, des choses qui ne nous aident pas au quotidien. On exprime sur un ton définitif un rejet en réalité temporaire. Il nous suffirait de dire simplement "peut-être, oui, je ne sais pas moi, mais de toute façon, ça ne me sert pas à grand-chose concrètement sur le moment !" (Nous faisons tous cet amalgame connu et pourtant difficile à éviter. Avez-vous remarqué que les gens posent beaucoup moins de questions sur la cause du bégaiement quand ils en sont soulagés ou sur la voie du progrès ?)
Les retombées de la recherche vont continuer de bouleverser nos conceptions.

Sommes-nous à l'aube de générations qui verront le verso du bégaiement, à l'opposé de nous qui jusqu'ici nous voyions surtout le recto ?
Pour l'instant, il y a encore énormément de personnes bègues et leur entourage qui sont très mal renseignées à ce niveau, mais dans le futur, ce sera sans doute chose commune...

10 février 2011

Faculty conversations : Soo-Eun Chang, University of Michigan

Source - Trouvé en ligne sur le site de l'Université de Michigan. Le Dr Soo-Eun Chang présente elle-même, très brièvement (3min02), ses recherches en cours et à venir. C'est juste une présentation, rien de plus que ce qui a été dit, mais énoncé en 'live', par le chercheur lui-même, c'est quand même sympa aussi. Je vous propose un sous-titrage.
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8 février 2011

Ce qui ne va pas dans 'Le Discours d'un Roi’ à propos du bégaiement - J.Lehrer

Source - Merci à mon indicatrice pour le tuyau !

Ce qui ne va pas dans 'Le Discours d'un Roi’ à propos du bégaiement
par Jonah Lehrer - 24 janvier 2011, The Wall Street Journal-Ideas Market


Je suis une personne bègue. Bien que je me sois quasiment débarrassé de ce problème, cela a pris plusieurs années d'orthophonie avant que j'arrête de craindre les phrases qui commençaient par certains sons de voyelles. Je peux encore me rappeler la terreur d'avoir à lire en classe, fixant un texte rempli de cahots phonétiques à grande vitesse et de signaux stops.

Mon vécu avec le bégaiement a fait que j'étais particulièrement intéressé par  "Le Discours d'un Roi", le film plébiscité par la critique sur le bégaiement du roi George VI. (Samedi dernier, le film a reçu le premier prix de la Producers Guild of America.) Le film tourne autour de la relation du roi avec le thérapeute original Lionel Logue, qui a aidé le monarque à donner son discours à la radio pendant la seconde guerre mondiale.

C'est une histoire inspiratrice et l'interprétation est superbe. En fait, le bégaiement de Firth paraît si sincère que j'ai dû fermer les yeux pendant beaucoup de scènes – pour destresser de regarder quelqu'un d'autre re-jouer mes déficits vocaux.

Le Discours d'un Roi serait un film ennuyeux si la scène la plus intense du film faisait dire à Logue au monarque que son 'cortex moteur primaire était fautif'...

Et pourtant, le film m'a aussi laissé un sentiment de gène, et pas seulement parce que l'intrigue est par moment simplette et prévisible. Mon problème avec le film est que le bégaiement soit dépeint comme un sous-produit de répression et de l'abus émotionnel. Dans la narration en soi présentée dans le film, le bégaiment du roi est largement causé en grande partie par ses parents peu aimants et une nourrice abusive. (Son frère aîné était aussi un bourreau implacable.) En résultat, une des scènes cruciales de traitement implique que Logue confronte le roi à ces démons de l'enfance, pour exprimer ces souvenirs refoulés.

C'est un point de vue sur le bégaiement popularisé par Sigmund Freud, plus particulièrement dans son ca d'étude de Frau Emmy von N., une femme “hystérique” avec un bégaiement terrible. Après avroi traité la patiente, Freud a conclut que la cause de son obstacle à la parole était la répression émotionnelle. En fait, ces souvenirs sont si profondément refoulés qu'ils pouvaient seulement être révélés quand Frau Emmy était hypnotisée. Dans cette étude de cas, Freud cite en long son rétablissement : “Quand j'avais cinq ans, mes frères et soeurs me jetaient des animaux morts au visage…puis quand j'avais sept ans j'ai vu ma soeur dans son couffin; puis, à l'âge de huit ans, mon frère m'a effrayé pour toujours en faisant le fantôme avec des draps blancs.” Les confessions of Frau Emmy von N. a conduit Freud à voir le bégaiement comme un symptôme de névrose, “causé par un déclassement vers le haut des conflits au-dessus des fonctions excrémentielles.” La personne bègue ne pouvait pas parler parce qu'elle essayait de retenir tout à l'interieur. Ainsi, la seule façon de traiter la personne bègue était de traiter aussi la répression, pour engager ce que Freud appelait la "méthode cathartique". Jusqu'à ce que le trauma soit confessé, le bégaiement resterait.

Comme toujours, la théorie de Freud contient une élégance littéraire ; cela avait la saveur de la vérité. Peut-être est-ce pour cela que les cinéaste ont choisi de souligner la catharsis du roi -y compris sa capacité nouvelle à jurer - comme une part essentielle de son rétablissement. Sa libération émotionnelle est entrelaçée au flux de sa parole.

Et pourtant, la réalité du bégaiement est beaucoup moins dramatique. Dans une revue de la littérature, Ehud Yairi, un chercheur responsable à la University of Illinois, n'a trouvé aucune preuve pour soutenir le fait que le bégaiement soit causé par des parents abusifs ou non-aimants. “Il est clairement temps de déclarer que la croyance que la personnalité des parents ou leurs attitudes soient causalement lié au bégaiement est nul et non-avenu,” écrit-il. De plus, les scientifiques modernes ont significativement rejeté la notion Freudienne du bégaiement causé par une anxiété réprimée ou par des névroses profondément assises. Voici un résumé d'une revue récente :

Les meilleures recherches n'ont pas réussi à montrer que les personnes bègues, en tant que groupe, sont plus névrosés ou ont plus de troubles psychologiques que ceux qui ne bégaient pas. Nous ne pensons pas que les enfants commencent à bégayer parce qu'ils ont des difficultés émotionnelles sérieuses.

Alors, qu'est-ce qui cause le bégaiement ? La seule réponse honnête est que personne ne sait vraiment. Divers études par scans du cerveau ont identifiés quelques corrélations intéressantes, tels qu'une circuiterie anormale dans les noyaux gris centraux. (Des dommages aux noyaux gris centraux peuvent aussi déclencher une apparition soudaine chez l'adulte.) De façon intéressante, les personnes bègues semblent montrer une activité accrûe dans les aires du cerveau consacrées aux mouvements de la parole, telles que le cortex moteur primaire. C'est comme si le bégaiement était déclenché par un excès de plannification, comme les préparations, au golf. Ce qu'il est important de noter est que ces différences ne sont pas déclenchées par des problèmes émotionnels profonds. Ce sont plutôt et surtout des défauts mécaniques, enracinés dans la machinerie de traduction des pensées en un jeu de mouvements corporels complexes.

De plus, beaucoup de ces anomalies anatomiques semblent avoir un fort composant génétique. Voici Yairi, résumant son travail sur la génétique du trouble :

Par des analyses détaillées de l'incidence du trouble [bégaiement] à l'intérieur des familles, nous avons trouvé de fortes évidences que, non seulement le bégaiement, en général, a de forts composants génétiques, mais que les deux sous-groupes d'enfants bègues, les persistants et les rétablis, ont des liens génétiques différents pour le bégaiement. En d'autres termes, la tendance à persister ou à se rétablir tend aussi à être héritable.

De telles recherches, bien sûr, ne se prêtent pas en elles-mêmes à des narrations dramatiques. Après tout, “Le Discours d'un Roi” serait un divertissement plutôt ennuyeux si la scène la plus intense faisait dire à Logue au monarque que son cortex moteur primaire était à blâmer. Et pourtant, je ne crains que les bonnes intentions du film soient défaits par ce modèle antique du bégaiement et la façon dont il exagère le rôle de la catharsis dans la fixation du problème. Le roi ne va pas mieux parce qu'il s'est confessé à Logue sur ses souffrances intérieures - il va mieux parce qu'il a trouvé, avec l'aide de Logue, une façon de calmer et de distraire son cerveau surexcité, pratiquant ses consomnes jusqu'à ce qu'elles deviennent plus faciles à exprimer.

La science moderne est allée bien au-delà de la description par Frau Emmy par Freud, dans laquelle le trouble était causé par le refoulement d'un trauma de la prime enfance.

Il est temps pour Hollywood de suivre le mouvement.


4 février 2011

Reportage cbs news autour de The King Speech

Source. 9min50 environ. Intervenants : David Seidler (scénariste), Alexander Taro et les membres du "Our Time Theatre" et Christine Weber-Fox et Ann Smith.
Erreur de traduction probable à 3.45

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Qui êtes-vous ?

France
Comment une personne bègue qui, il y a 10 ans était totalement méprisante et indifférente vis-à-vis de la recherche sur son trouble, s'est-elle brusquement prise de passion pour elle jusqu'à ouvrir un blog ? Par désespoir ? Non. Par ennui ? Non. Par un oeil neuf, tout simplement. Résultat : depuis 2007, Un Olivier sur un Iceberg vous tient au courant des découvertes, et vous propose des traductions et résumés scientifiques sur les révélations de la recherche sur le bégaiement qui vont vous stupéfier. Bienvenue dans l'une des enquêtes scientifiques les plus passionnantes et les plus excitantes qui soient.

Avertissement

Malgré le soin et les efforts apportés à ces textes, les erreurs sont toujours possibles, surtout en ce qui concerne les termes médicaux. Merci de votre indulgence.