28 mars 2011

Résumé du speech de M.Sommer à Oxford 2011

Peut-être pour mieux comprendre la trajectoire de ses recherches, y compris la dernière...voici le résumé de l'intervention de Martin Sommer à la 9e Dysfluency Conference d'Oxford de septembre prochain.


"La neurophysiologie étudie la fonction des systèmes nerveux centraux et périphériques à travers l'enregistrement de l'activité bioélectrique, spontanée ou stimulée. Au cours de mon intervention, je vais présenter une vue d'ensemble des découvertes neurophysiologiques essentielles qui améliorent notre compréhension de la pathophysiologie du bégaiement.

L'activité spontanée de l'activité du cerveau peut être enregistrée par électroencephalographie (EEG) ou magnéto-encephalographie (MEG), qui permet d'analyser l'évolution dans le temps et la connectivité fonctionnelle de régions du cerveau. Pendant une tâche de lecture dans l'étude du bégaiement, cela a permis de rapporter une activité trop précoce du cortex moteur primaire, même avant que la zone de Broca aie été activée. [1] Cela, à son tour, a débouché sur des études d'imagerie structurelle élucidant la cohérence fibreuse réduite dans l'opercule rolandique gauche.[2]

Concernant l'activité stimulée, la stimulation magnétique transcrânienne permet une stimulation in-vivo, sans douleur et focalisée du cerveau humain. Cela a rendu possible la détection de changement en cours de l'activité du cortex moteur pendant une tâche de lecture , révelant un manque de facilitation dans le cortex moteur primaire pendant une tâche de lecture chez des adultes qui bégaient [3]. De plus, des paradigmes "conditioning-test" permettent de prouver la connectivité intrinsèque du cortex moteur primaire, par ex. avec les noyaux gris centraux. De tels paradigmes ont permis de rapporter un équilibre anormal de l'inhibition et de la facilitation, ce qui diffère de ce qui est observé dans la dystonie focalisée.[4]
 
La stimulation électrique périphérique fournit des potentiels-évoqués somatosensoriels servant à étudier les fibres sensorielles afférentes, et l'intégration centrale de leurs signals. Cela a permis de clarifier l'absence de trop-plein sensoriel anormal dans le bégaiement, se différenciant ainsi de ce qui a été rapporté pour la dystonie.[5]
 
Enfin, la stimulation magnétique transcrânienne et la stimulation transcrânienne à courant continu a permis de modifier temporairement l'activité de certaines zones du cerveau, installant ainsi une lésion fonctionnelle qui interagit avec le traitement en cours d'une tâche. Cet outil a rendu possible la détection d'une latéralisation situé à gauche du contrôle moteur-auditif chez les adultes qui bégaient.[6]
 
Prises ensemble, la technique neurophysiologique et l'imagerie fonctionnelle et structurelle servent à clarifier la pathophysiologie du bégaiement.
" 
References:
1. Salmelin, R., et al., Single word reading in developmental stutterers and fluent speakers. Brain, 2000. 123: p. 1184-1202.
2. Sommer, M., et al., Disconnection of speech-relevant brain areas in persistent developmental stuttering. Lancet, 2002. 360(9330): p. 380-3.
3. Hoang, T.N.L., et al. Intergestural motor cortex excitability in persistent developmental stuttering. in Abstract submittted to the 6th International Conference on Speech Motor Control. 2011. Groningen - Nijmegen, June 8-11 2011.
4. Neef, N.E., et al., Reduced intracortical inhibition and facilitation in the primary motor tongue representation of adults who stutter. Clinical Neurophysiology, 2011: p. in press.
5. Vreeswijk, S.M.E., et al. Central integration of dual somatosensory input to the orofacial representation in person who stutter. in Abstract submittted to the 6th International Conference on Speech Motor Control. 2011. Groningen - Nijmegen, June 8-11 2011; 2011.
6. Neef, N.E., et al., Right-shift for non-speech motor processing in adults who stutter. Cortex, 2010: p. in press.

11 mars 2011

En vrac : deux rapports des équipes Sommer et Kang-Drayna

Mise à jour (28 mars 2011) -plus d'infos via le stuttering brain : l'étude de Drayna et Kang n'a pas confirmé les résultats des chinois pour le lien entre les gènes dopaminergiques et le bégaiement. Ils ont étudié un plus grand panel de personnes, Européens et Brésiliens. Les chinois, en 2009 avaient étudié une population Han. Ils avaient trouvé ces gènes chez 96% des personnes bègues contre 88% pour les contrôles.
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Vu sur le moteur de recherche PubMed, des études de deux grosses équipes, dont honnêtement, je ne peux vous dire avec précision si ce sont des petits ou des grands pas.

L'équipe de Kang et Drayna :
A quelque chose près, c'est la même équipe que celle qui a découvert les 4 premiers gènes, me semble-t-il.
Evaluation of the association between polymorphisms at the DRD2 locus and stuttering
Evaluation de l'association entre les polymorphismes sur le locus DRD2 et le bégaiement.
Mise à jour : apparemment ils sont revenus sur l'étude chinoise sur, si je ne me trompe pas, sur les récepteurs D2.

L'équipe Sommer, Gudenberg...etc (on peut trouver le doc chez Elsevier) 
Reduced intracortical inhibition and facilitation in the primary motor tongue representation of adults who stutter
Inhibition et facilitation intracorticale réduite dans la représentation moteur primaire de la langue chez les adultes qui bégaient.

Ils ont cherché à détecter des changements physiologiques dans la représentation moteur primaire de la langue, chez les adultes avec bégaiement persistant.
Stimulation magnétique transcrânienne, 12 patients bègues, 14 contrôles (batteries d'analyses : seuil moteur, potentiel moteur-évoqué, courbe entrée-sortie, inhibition intracortical à court-terme et facilitation intracorticale)
Chez les bègues persistants, l'excitabilité intracorticale de la représentation moteur primaire de la langue est altérée avec une évolution déviante dans le temps pour l'activité inhibitrice dans l'hémisphère droit et une facilitation double impulsion [paired-pulse] réduite.

Ils disent que "ces résultats spécifient les changements dans les réseaux intracorticaux probablement par l'intermédiaire des régulations GABAergiques altérées dans le bégaiement persistant." 
Et que grâce à la stimulation magnétique transcrânienne, on peut mieux comprendre les pathomécanismes et mieux comprendre les réponses aux traitements pharmacologiques.

Qui êtes-vous ?

France
Comment une personne bègue qui, il y a 10 ans était totalement méprisante et indifférente vis-à-vis de la recherche sur son trouble, s'est-elle brusquement prise de passion pour elle jusqu'à ouvrir un blog ? Par désespoir ? Non. Par ennui ? Non. Par un oeil neuf, tout simplement. Résultat : depuis 2007, Un Olivier sur un Iceberg vous tient au courant des découvertes, et vous propose des traductions et résumés scientifiques sur les révélations de la recherche sur le bégaiement qui vont vous stupéfier. Bienvenue dans l'une des enquêtes scientifiques les plus passionnantes et les plus excitantes qui soient.

Avertissement

Malgré le soin et les efforts apportés à ces textes, les erreurs sont toujours possibles, surtout en ce qui concerne les termes médicaux. Merci de votre indulgence.