28 avril 2011

Conseils pour ceux qui bégaient, version papier

L'occasion pour moi de rappeler que ma contribution est très minime. Surtout par rapport au travail imposant de Laurent, de Richard, et de relecture effectué par A.M. Simon. Tellement minime que je me sens vraiment gêné d'avoir mon nom à côté de ceux qui ont vraiment bossé dessus.

Mais bon, Laurent passait à proximité avec son cargo rempli de bouquins, il m'a vu tout seul sur mon Iceberg , et il a eu pitié, alors...

19 avril 2011

Howell et Davis (ULC) proposent un modèle de prédiction simple, 'efficace 4 fois sur 5'


La persistance du bégaiement à l'adolescence prédite par un modèle simple

18 avril 2011

Des chercheurs du Wellcome Trust ont développé un modèle qui peut prédire correctement si un enfant se rétablira d'un bégaiement dans 4 cas sur 5. Le modèle devrait permettre aux cliniciens de cibler les interventions sur ces enfants nécessitant le plus une thérapie. La question du bégaiement a été récemment portée à l'attention du public grâce au film acclamé "Le Discours d'un Roi", qui parle des tentatives du roi George VI (joué par Colin Firth) pour surmonter un bégaiement sévère.

On pense que le bégaiement affecte un enfant sur vingt avant l'âge de 5 ans, avec généralement une apparition autour de 3 ans. Plus de deux tiers de ces enfants se rétabliront en entrant à l'adolescence.

Environ un enfant sur 50 bégaie toujours à 8 ans, et la moitié d'entre eux sont susceptibles de bégayer à l'adolescence, mais jusqu'à présent les facteurs de risque pour prédire la persistance ou la rémission n'avaient pas été examinés. Cela rendait difficile le ciblage d'une intervention appropriée, rentable sur ces enfants qui en avaient le plus besoin.

La National Health Service fournit une thérapie de parole et de langage gratuitement, mais les autorités de santé locales planchent sur un budget. En pratique, les enfants qui bégaient reçoivent un traitement gratuit la première fois qu'ils sont adressés mais reçoivent rarement un traitement plus poussé via la NHS.

Le professeur Peter Howell et le Dr Steve Davis de la division Psychology and Language Sciences UCL (University College London) ont utilisé l'information obtenue de 132 enfants qui ont bégayé de l'âge de 8 ans jusqu'à l'adolescence et ont examiné quels facteurs de risques obtenus à 8 ans prédisaient le plus précisément la persistance du bégaiement. Ils ont ensuite validé leurs résultats sur un groupe de 74 enfants supplémentaires qui bégayaient de la même tranche d'âge.

Les facteurs de risques évalués au début de l'étude étaient : blessure à la tête, âge à l'apparition du bégaiement; histoire familiale de bégaiement, latéralité manuelle ; si une deuxième langue est parlée à la maison, et si c'est le cas, à quel moment il a commencé à apprendre l'Anglais ; le sexe ; et des résultats du Stuttering Severity Instrument Version 3 (SSI-3, un test standardisé impliquant la mesure des symptômes de la parole, leurs durées et les symptômes physiquess accompagnant le bégaiement comme les tics).

Les chercheurs ont découvert que le seul facteur de risque prédisant de façon fiable le résultat dans plusieurs années était le résultat SSI-3 score. Il prédisait le résultat dans à peu près 4 cas sur 5.

Le professeur Howell explique : "Le bégaiement chez l'enfant peut causer un stress inutile et affecte leur interactions journalières et leurs relations sociales. Pour certains enfants, la thérapie est la meilleure option pour leur aider à surmonter ce problème, mais beaucoup d'autorités considèrent qu'elle n'est pas nécessaire ou réellement rentable pour traiter chaque enfant -beaucoup se rétabliront naturellement ou auront seulement un bégaiement mineur.

"En améliorant notre capacité à prédire si le bégaiement d'un enfant va persister, nous pouvons offrir le conseil le plus approprié, à savoir un traitement ou une 'attente surveillée'. Certains thérapeutes considèrent qu'il serait même avantageux de différer le traitement pour les enfants dont le bégaiement ne cause pas d'inquiétude ni à l'enfant ni aux parents."


L'étude est publiée dans le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.

14 avril 2011

Différences dans le corps calleux ?

Merci à Cédric pour le tuyau.

Il faut suivre.
Un rapport daté du 29 ou 30 mars 2011 (et signé entre autres par Soo Eun Chang et Nicoline Ambrose) fait état de différences dans le corps calleux des personnes bègues.
Le corps calleux relie les deux hémisphères, les 4 lobes principaux. Il est essentiel pour la communication interhémisphérique

Si c'est une nouvelle pièce du puzzle, ou faut-il la placer ?

Corpus Callosum Differences associated with Persistent Stuttering in Adults (Différences dans le corps calleux associées au bégaiement persistant chez les adultes)
Lien vers le résumé et l'article payant

Extrait, traduit, en partie du résumé :

"Les résultats ont révélé que le rostrum et l'[anterior midbody] du corps calleux était plus large chez les adultes qui bégaient que chez les adultes normalement fluides. De plus, l'aire globale calleuse était plus large chez les adultes bègues que chez les personnes fluides. La comparaison de groupe de volume de substance blanche a montré des groupes de volume de substance blanche contenant en majeure partie le [rostrum] à travers la portion médiane chez les personnes bègues. Ces résultats reflètent potentiellement des changements anatomiques associés à des différences dans la distribution hémisphérique des traitement du langage qui ont été précédemment rapportés chez les adultes qui bégaient."

9 avril 2011

Recherche article de D.Drayna sur un traçage des mutations 600 ans en arrière, et un ancêtre commun il y a 14000 ans ?

Plusieurs articles récents (2 au moins, en fait), continuant de surfer sur The King Speech sur des sites (que j'ai trouvé en googlisant stuttering dans actualités), font allusion à un article de Dennis Drayna, paru dans le American Journal of Human Genetics, en début d'année 2011, en janvier (si je sais bien lire).
Il y est question d'un retraçage des mutations du bégaiement sur 600 générations en arrière, jusqu'à un ancêtre commun vivant il y a 14000 ans.
Or, si vous faites une recherche sur le site de cette même AJHG avec le mot stuttering, ben...rien.
Je ne suis pas sûr qu'il soit dans l'habitude des médias de parler d'un article avant sa mise en ligne...alors si vous avez des infos...je suis preneur.

8 avril 2011

Nouveau rapport de l'équipe Chang-Ludlow : Défauts de connectivité BA44/régions prémoteur

Mon résumé du résumé :
- Défauts de connectivité entre la région BA44 gauche et les régions prémoteur
- Connectivité augmentée dans les zones homologues de l'hémisphère droit
- Pas de défaut de connectivité entre BA44 et les régions auditives.

 Dessin de gauche, en rouge la zone BA44 ; à droite, en bleu les régions prémoteur. Entre ces deux-là, le défaut de connectivité est clair.

Lien vers le résumé et l'article entier : Cerebral Cortex. 6 vril 2011
Preuve de défauts de connectivité frontal-inférieur-gauche/prémoteur fonctionnels et structurels chez les adultes qui bégaient.
Chang SE, Horwitz B, Ostuni J, Reynolds R, Ludlow CL.
Laryngeal and Speech Section, Medical Neurology Branch, National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS), National Institutes of Health, Bethesda, MD 20852, USA.

Je cite :
A la fois le PPI et la tractographie [méthodes de mesure] étaient en faveur des défauts de connectivité entre la BA44 gauche et les régions prémoteur, tandis que la connectivité parmi les structures homologues de l'hémisphère droit se trouvaient augmentées de façon significative dans le groupe de personnes bègues. Aucune différence de connectivité entre BA44 et les régions auditives n'a été trouvée entre les groupes. Les résultats de connectivité fonctionnelle dérivé du VLN [le noyau ventral latéral (VLN) du thalamus] étaient moins définitives et n'étaient pas soutenus par les résultats de la tractographie.
Nos données fournissent le plus solide soutien à une connectivité déficiente de l'hémisphère gauche frontal inférieur vers le prémoteur comme corrélat neural au bégaiement."

Qui êtes-vous ?

France
Comment une personne bègue qui, il y a 10 ans était totalement méprisante et indifférente vis-à-vis de la recherche sur son trouble, s'est-elle brusquement prise de passion pour elle jusqu'à ouvrir un blog ? Par désespoir ? Non. Par ennui ? Non. Par un oeil neuf, tout simplement. Résultat : depuis 2007, Un Olivier sur un Iceberg vous tient au courant des découvertes, et vous propose des traductions et résumés scientifiques sur les révélations de la recherche sur le bégaiement qui vont vous stupéfier. Bienvenue dans l'une des enquêtes scientifiques les plus passionnantes et les plus excitantes qui soient.

Avertissement

Malgré le soin et les efforts apportés à ces textes, les erreurs sont toujours possibles, surtout en ce qui concerne les termes médicaux. Merci de votre indulgence.