La persistance du bégaiement à l'adolescence prédite par un modèle simple
18 avril 2011
Des chercheurs du Wellcome Trust ont développé un modèle qui peut prédire correctement si un enfant se rétablira d'un bégaiement dans 4 cas sur 5. Le modèle devrait permettre aux cliniciens de cibler les interventions sur ces enfants nécessitant le plus une thérapie. La question du bégaiement a été récemment portée à l'attention du public grâce au film acclamé "Le Discours d'un Roi", qui parle des tentatives du roi George VI (joué par Colin Firth) pour surmonter un bégaiement sévère.
On pense que le bégaiement affecte un enfant sur vingt avant l'âge de 5 ans, avec généralement une apparition autour de 3 ans. Plus de deux tiers de ces enfants se rétabliront en entrant à l'adolescence.
Environ un enfant sur 50 bégaie toujours à 8 ans, et la moitié d'entre eux sont susceptibles de bégayer à l'adolescence, mais jusqu'à présent les facteurs de risque pour prédire la persistance ou la rémission n'avaient pas été examinés. Cela rendait difficile le ciblage d'une intervention appropriée, rentable sur ces enfants qui en avaient le plus besoin.
La National Health Service fournit une thérapie de parole et de langage gratuitement, mais les autorités de santé locales planchent sur un budget. En pratique, les enfants qui bégaient reçoivent un traitement gratuit la première fois qu'ils sont adressés mais reçoivent rarement un traitement plus poussé via la NHS.
Le professeur Peter Howell et le Dr Steve Davis de la division Psychology and Language Sciences UCL (University College London) ont utilisé l'information obtenue de 132 enfants qui ont bégayé de l'âge de 8 ans jusqu'à l'adolescence et ont examiné quels facteurs de risques obtenus à 8 ans prédisaient le plus précisément la persistance du bégaiement. Ils ont ensuite validé leurs résultats sur un groupe de 74 enfants supplémentaires qui bégayaient de la même tranche d'âge.
Les facteurs de risques évalués au début de l'étude étaient : blessure à la tête, âge à l'apparition du bégaiement; histoire familiale de bégaiement, latéralité manuelle ; si une deuxième langue est parlée à la maison, et si c'est le cas, à quel moment il a commencé à apprendre l'Anglais ; le sexe ; et des résultats du Stuttering Severity Instrument Version 3 (SSI-3, un test standardisé impliquant la mesure des symptômes de la parole, leurs durées et les symptômes physiquess accompagnant le bégaiement comme les tics).
Les chercheurs ont découvert que le seul facteur de risque prédisant de façon fiable le résultat dans plusieurs années était le résultat SSI-3 score. Il prédisait le résultat dans à peu près 4 cas sur 5.
Le professeur Howell explique : "Le bégaiement chez l'enfant peut causer un stress inutile et affecte leur interactions journalières et leurs relations sociales. Pour certains enfants, la thérapie est la meilleure option pour leur aider à surmonter ce problème, mais beaucoup d'autorités considèrent qu'elle n'est pas nécessaire ou réellement rentable pour traiter chaque enfant -beaucoup se rétabliront naturellement ou auront seulement un bégaiement mineur.
"En améliorant notre capacité à prédire si le bégaiement d'un enfant va persister, nous pouvons offrir le conseil le plus approprié, à savoir un traitement ou une 'attente surveillée'. Certains thérapeutes considèrent qu'il serait même avantageux de différer le traitement pour les enfants dont le bégaiement ne cause pas d'inquiétude ni à l'enfant ni aux parents."
L'étude est publiée dans le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.