26 janvier 2012

Connectivité des cerveaux des personnes bègues au repos (Chine)

Source : résumé sur PubMed
Des chercheurs chinois ont mesuré une certaine activité cérébrale de 44 hommes bègues au repos. Avec IRMf, comparés à 46 contrôles. Ils ont mesuré la connectivité fonctionnelle. Les résultats sont différents (inférieurs) de ceux des contrôles.
Ils suggérent que ces résultats soutiennent l'idée que les personnes bègues ont des déficits dans des systèmes multiples fonctionnels (moteur, langage, auditif et 'réseaux de mode-défaut') et dans les connexions entre eux.

Donc, un rapport chinois de plus appuyant l'hypothèse de connectivité insuffisamment efficace.

22 janvier 2012

Un Olivier sur un Iceberg a 5 ans, téléchargez le Pack Iceberg 2007-2011


Selon Google Analytics (qui est en deça des autres systèmes de compteurs) en 5 ans, un total approximatif de 60 000 visites, pour 33 000 visiteurs. Principalement France, Canada, Belgique. 90 000 pages vues. Ce qui doit être, comme d'habitude, un peu en-dessous de mes collègues bloggueurs, compte tenu du thème moins 'pragmatique'.

Le 'Pack Iceberg' contient les traductions suivantes :

Qu'est-ce qui cause le bégaiement (M.Sommer, C.Büchel)
PDF télécharge 289 fois
Lectures en ligne : 5151

Comment le cerveau répare le bégaiement
(C.Kell, K.Neumann)
PDF téléchargé 178 fois
Lectures en ligne : 1446
Rapport de l'identification des 3 premiers gènes liés au bégaiement (C.Kang, D.Drayna)
PDF téléchargé 64 fois
Lecture en ligne : 364
S.E. Chang, Dévoiler les mystères du bégaiement par l'imagerie
PDF téléchargé 13 fois

 
 
Pour télécharger le Pack, cliquez sur les glaçons ci-dessous.

21 janvier 2012

Neuroticisme et bégaiement, un rapport allemand

Cela va peut-être déranger quelques-uns, à commencer par moi, mais...c'est la recherche !
Pour appréhender correctement cette étude, s'il vous plaît placez-vous en dehors des discussions de comptoir. Et prenez du recul !

PubMed a mis en ligne le résumé d'un rapport pour Neuroreport (je ne sais pas s'il a été revu) suggérant un lien entre le neuroticisme et le bégaiement, via la génétique (le polymorphisme DRD2 C957T).
Pas forcément crucial, mais moi ça m'intéresse beaucoup.

"Cela montre que l'inclusion de mesure de personnalité dans l'examen des fondements biologiques du bégaiement représente une importante nouvelle perspective"
"Parce que le neuroticisme a déjà été rapporté associé au bégaiement, Les données présentes soutiennent l'idée que ce trait de personnalité agit comme un endophénotype pour le bégaiement, contribuant à construire un pont sur le fossé qui sépare les variations de gènes à la pathologie complexe"

C'est quoi le neuroticisme ? Si j'ai bien compris, c'est un trait de personnalité qui enclin la personne à vivre de façon persistante des émotions négatives.

Question : le bégaiement touche beaucoup de monde ; on peut supposer raisonnablement que tous les caractères/personnalités sont representés chez les personnes bègues (?). Alors, est-ce ça favorise le développement du bégaiement ? Ou alors seulement des retentissements plus sévères sur la personnalité ?


Alors ? Vous avez gardé le recul ?
Un Olivier sur un Iceberg vient de vous offrir un exercice de mindfulness  ;-)
Observer sans juger !

17 janvier 2012

Petit focus sur Dennis Drayna (Newsletter SFA)


Tout petit article sur Dennis Drayna dans la newletter 2012 de la SFA. Piqure de rappel, rien de neuf.


Dennis Drayna, Ph.D., fait partie du Conseil d'Administration de la Stuttering Foundation Board depuis 2006. Il est chercheur principal au National Institute on Deafness and Other Communication Disorders, National Institutes of Health.

Ses travaux actuels se focalisent sur l'utilisation de la méthode génétique pour identifier les causes du bégaiement.

"Le bégaiement est un trouble remarquablement difficile à étudier. Il apparaît seulement chez des êtres humains qui sont par ailleurs normaux, éveillés et interagissant, et il a probablement ses origines dans le cerveau, qui est inaccessible pour des études directes," explique Drayna. "Le fait que la génétique joue un rôle dans le bégaiement nous donne une des quelques possibilités disponibles pour étudier ce trouble, avec cet avantage que les études génétiques peuvent nous mener aux cellules et aux molécules qui sont impliquées."

Les études à ce jour ont identifiés des mutations dans trois gènes gènes liés, appelées GNPTAB, GNPTG, et NAGPA qui expliquent approximativement 10% des bégaiements familiaux.

Plusieurs axes de recherche sont actuellement suivis pour découvrir exactement comment ces gènes variants conduisent au bégaiement. Dans l'une d'elles, des études biochimiques des enzymes encodées par ces gènes montrent que les mutations mènent à une perte partielle de la fonction de l'enzyme, apparemment suffisante pour causer une sorte de dommage à un groupe particulier de cellules nerveuses dans le cerveau, mais pas assez pour causer des symptômes plus sévères.

Dans une autre ligne de recherche, le Dr. Drayna et d'autres chercheurs étudient quelles cellules à l'intérieur du cerveau humain expriment (ou "activer") ces 3 gènes aux niveaux les plus hauts, puisque de telles cellules sont de bonnes candidates, pour celles qui sont endommagées -sinon altérées- par ces mutations.

Dans une troisième direction, le Dr. Drayna et ses collègues mettent ces mutations dans des souris et mesurent leurs vocalisations (qui sont en grande partie ultrasoniques), dans un effort pour développer un modèle souris de bégaiement qui pourrait être utilisé pour une grande variété d'études.

"Lorsque j'ai commencé dans la recherche sur le bégaiement en 1996, mon but était d'amener ce trouble dans le monde plus large de la recherche biomédicale," dit Drayna. "J'avais le fort pressentiment que c'était un trouble biologique, plutôt que psychologique ou social.

Nous avons eu de la chance d'identifier plusieurs gènes causatifs qui renforcent ce point de vue, bien que nous ayons encore un long chemin avant d'expliquer tous les bégaiements."

D'autres études dans des familles avec bégaiement identifient la localisation de gènes additionnels qui causent le bégaiement, identification qui, on l'espère, fournira des éclairages sur la cause du bégaiement dans une population plus large.

"Une des plus grandes influences sur ma pensée vient de la connaissance de la communauté bègue. Cela m'a permis de voir l'impact du bégaiement sur la vie quotidienne des gens," dit Drayna. "Cela m'a permis de réaliser à quel point ce trouble est sérieux, et de défendre un programme de recherche biomédicale de pointe qui y est consacré."

Drayna a obtenu son baccalauréat en génétique à l'Université du Wisconsin en 1976. Il a obtenu plus tard un doctorat en génétique à l'Université de Harvard en 1981. Il a passé sa bourse postodoctorale au Howard Hughes Medical Institute, University of Utah, de 1981 à 1985. De 1985 à 1992, il a travaillé comme savant pour Genentech. il a fondé plus tard Mercator Genetics Inc., ou il a travaillé comme directeur scientifique jusqu'à ce qu'il rejoigne la National Institute on Deafness and Other Communication Disorders en 1992.

"La science peut être un processus exaspérment lent et incertain, avec beaucoup de chemins obscurs et quelques précieux succès," dit Drayna. "De plus, comprendre les causes sous-jacentes du bégaiement peut être encore un long chemin avant de traitements nouveaux et efficaces pour le trouble. Mais, sans la recherche, nous restons dans nos spéculations et nos malentendus. La cause du bégaiement mérite mieux." 

15 janvier 2012

Stopper la parole a des effets plus vastes sur le système moteur (San Diego)

SOURCE
...c'est du moins ce que j'ai cru comprendre, dans cette étude utilisant (l'incontournable ;-)) Stimulation Magnétique Transcrânienne. Ce n'est qu'à la dernière phrase du résumé sur Pubmed qu'on trouve la référence au bégaiement.

11 janvier 2012

Réseaux attentionnels chez les enfants qui bégaient (De Nil, Eggers, Van der Bergh)

SOURCE....dans la foulée, toujours vu sur PubMed, une étude par notamment Luc De Nil, sur les processus attentionnels et leur rôle dans le bégaiement.

Excitabilité moteur et SMT (Italie)

 
La SMT a le vent en poupe ! Jusqu'en Italie.
Titre original : Motor excitability evaluation in developmental stuttering: A transcranial magnetic stimulation study
SOURCE - Publié dans le journal Cortex (décembre 2011 ?)
Ce que je trouve intéressant ici, c'est de retrouver cette notion du bégaiement comme la manifestation d'un problème moteur subtil plus général. Le reste est classique.

Traduction de la conclusion du résumé publié sur PubMed :
Cela fournit davantage de preuves que le bégaiement développemental peut être un déficit moteur général qui implique aussi des structures non-liées à la parole. De plus, nos résultats confirment que le bégaiement développemental peut être lié à une hypoactivation de l'hémisphère gauche et/ou une dominance affaiblie de l'hémisphère gauche. Les données et le protocole présents peuvent être utiles pour le diagnostic de sous-types de bégaiement développemental qui pourraient bénéficier de traitement pharmacologique en ciblant le niveau général d'excitabilité corticale.



5 janvier 2012

Deux adresses à retenir, si vous cherchez un regroupement des connaissances


Ou mieux encore, une synthèse ? Le St Graal dont je rêve depuis la création de ce blog...
Bref.
Trop importants et trop pratiques pour que je ne les mette que sur l'Iceberg Parallèle, ces deux liens sont malheureusement en anglais.
Le premier, c'est le site du Speech and Langage Disorders Database de la Boston University. Aux troubles correspondent les gènes, et des liens renvoient vers le résumé PubMed, le premier numéro est à côté d'un texte à déplier, qui vous résume la chose ! Le bégaiement, notre bégaiement, y est. Sans parler du lien vers le allen Brain Atlas.
Merci à une fidèle lectrice pour le tuyau !
Le deuxième, déjà signalé sur l'Iceberg, c'est le mémoire de thèse de Nicole Neef, qui ferait une nouvelle traduction 'must-have' selon moi ! Nicole Neef est l'ancienne élève de Martin Sommer. Le document, "Mécanismes corticaux et sous-corticaux dans le bégaiement persistant" est gratuit ici sur le web. Il présente la particularité de prendre (carrément !) les précédentes études les plus importantes et de faire des tableaux (comparatif aussi, sans jugement de valeur évidemment) mais surtout récapitulatifs !

Qui êtes-vous ?

France
Comment une personne bègue qui, il y a 10 ans était totalement méprisante et indifférente vis-à-vis de la recherche sur son trouble, s'est-elle brusquement prise de passion pour elle jusqu'à ouvrir un blog ? Par désespoir ? Non. Par ennui ? Non. Par un oeil neuf, tout simplement. Résultat : depuis 2007, Un Olivier sur un Iceberg vous tient au courant des découvertes, et vous propose des traductions et résumés scientifiques sur les révélations de la recherche sur le bégaiement qui vont vous stupéfier. Bienvenue dans l'une des enquêtes scientifiques les plus passionnantes et les plus excitantes qui soient.

Avertissement

Malgré le soin et les efforts apportés à ces textes, les erreurs sont toujours possibles, surtout en ce qui concerne les termes médicaux. Merci de votre indulgence.